Journalisme en temps de crise et le droit des populations à l’information : Formation des journalistes de la région du Nord

Journalisme en temps de crise et le droit des populations à l’information : Formation des journalistes de la région du Nord

Une trentaine de journalistes de la région du Nord ont pris part à un panel organisé, le mercredi 3 août 2022, sous le thème « Collecte et traitement de l’information en temps de crise : enjeux et défis pour le respect du droit à l’information des populations » par la Commission Nationale des Droits Humains lors de ses journées d’actions pour la prévention des conflits, abus et atrocités à Ouahigouya.

Deux communicateurs, Bertin Fulbert Nikiéma, représentant du Conseil Supérieur de la Communication dans la région du Nord et Karim Bikienga, journaliste à la RTB2 Nord se sont entretenus avec les participants sur la collecte et le traitement de l’information en temps de crise.

Vue d’ensemble des journalistes participants au panel

Ce panel a été suscité par les journalistes membres du groupe de travail « prévention des conflits, abus et atrocités » au profit de l’ensemble des confrères des régions et la CNDH a bien voulu les accompagner. Ce fut un cadre de réflexion sur les difficultés que rencontrent les hommes de médias sur le terrain et de partage d’expériences.

Karim Bikienga, journaliste et communicateur au panel

« Malgré la crise que nous vivons, nous ne devrons pas réinventer le journalisme. On a tendance à croire qu’avec ce que nous vivons, il faut réinventer le journalisme. Un journaliste doit respecter l’éthique et la déontologie de la profession malgré la crise ; il doit faire son travail de façon professionnelle », a laissé entendre, Karim Bikienga.

Face au foisonnement d’informations pendant la crise sécuritaire, il conseille ses confrères de redoubler d’efforts et d’être rigoureux dans le traitement de l’information, parce que dit-il « Aujourd’hui, il y a beaucoup d’informations qui circulent et nous devons travailler en faisant attention pour ne pas faire dans la faciliter. Nous avons des règles qui régissent le métier, c’est toujours nécessaire de retourner à certains fondamentaux du journalisme parmi lesquels la vérification des faits ».

Ce qu’il faut pour lui, c’est d’apporter l’information juste : « Quand l’information est juste et équilibrée, elle permet de prévenir les conflits. La mauvaise façon de donner l’information peut contribuer à exacerber les conflits et a souvent créé des situations conflictuelles ».

Aussi, ajoute-il, « le journaliste doit observer l’éthique qui est l’ensemble des valeurs morales qui régissent une profession, dont en journalisme. En collectant, en traitant et en diffusant l’information, nous journalistes devons-nous poser cette question de savoir : est-ce que cette information, en fonction des valeurs morales qui sont promues ou des valeurs morales de notre société, une information qui peut passer ou c’est une information que je dois garder par devers moi ; d’où la notion de la responsabilité sociale du journaliste ».

Dans la soirée du 3 août, une émission en mooré, la langue la plus parlée dans la région, a traité des enjeux et les défis d’une cohabitation pacifique entre Personnes Déplacées Internes (PDI) et populations hôtes. Cette émission a été animée par des membres du groupe travail et des journalistes.

Cette activité a été tenue à l’occasion des 72heures de sensibilisation, de communication et de plaidoyer sur la « prévention des conflits, abus et atrocités» entrant dans le cadre du programme « Droits humains et accès à la justice », financé par l’USAID et mis en œuvre avec l’Association du le Barreau Américain, Initiative pour l’Etat de Droits (ABA-ROLI).

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