Prévention des conflits, abus et atrocités: Des journées d’action pour sensibiliser les populations

Prévention des conflits, abus et atrocités: Des journées d’action pour sensibiliser les populations

Le Groupe de Travail sur la prévention des conflits, abus et atrocités de la Commission Nationale des Droits Humains a entamé une série d’activités de formation, de sensibilisation et de plaidoyer dans des régions. Les premières activités ont eu lieu du 2 au 4 juin 2022 à Kaya dans le Centre-Nord, et du 12 au 16 juin 2022 à Fada N’Gourma à l‘Est.

Mis en place en avril 2021 à Ouagadougou, ce Groupe de Travail est un instrument de mise en œuvre du programme « Droits Humains et Accès à la Justice », financé par l’USAID et mis en œuvre à travers la Commission Nationale des Droits Humains du Burkina Faso par un consortium d’ONGs dont l’Association du Barreau Américain Initiative pour l’Etat de Droit (ABA-ROLI), est le lead.

Pour son fonctionnement, le groupe identifie des activités en lien avec ses missions, définit un chronogramme d’exécution et arrête un agenda de rencontres. Ainsi, les échanges sur le suivi de la situation des droits humains dans les régions du sahel, Nord, Centre nord et Est ont permis de faire une analyse de la situation des droits humains dans ces quatre régions.

Un certain nombre de préoccupations susceptibles de mettre à mal la cohésion sociale et le vivre ensemble et portant atteinte aux droits humains ont été posées par les membres du groupe de travail lors de leur rencontre périodique tenue au mois de mars 2022 à Ouagadougou. Ce sont entre autres :

  • les problèmes de ravitaillement en eau des populations qui créent des tensions entre les PDI et les populations hôtes ;
  • les enlèvements et les allégations d’exécutions sommaires dans la région de l’Est et du Nord ;
  • les problèmes fonciers dans la région du Centre-Nord, précisément dans la commune de Mané ;
  • les problèmes liés à la chefferie traditionnelle qui sont à la base de potentiels conflits entre les protagonistes ;
  • la présence dans les rues de nombreux enfants qui sont souvent victimes de stigmatisation et qui peuvent être facilement enrôlés dans le terrorisme ou se radicaliser dans les années à venir ;
  • les femmes sont victimes de violences allant souvent à l’atteinte à leur dignité ;
  • le problème de prise en charge psychosociale des personnes qui ont subi des traumatismes ;
  • les difficultés de cohabitation entre les Personnes Déplacées Internes (PDI) et les populations hôtes semblent s’amplifier à cause de la durée de la cohabitation que l’on pensait être courte, ainsi que le partage des ressources comme l’eau et les terres ;
  • les zones inaccessibles pour cause de mines et de présence des terroristes ;
  • le traitement de l’information par les journalistes reste un problème majeur car les terroristes intimident certains journalistes ; aussi, l’accès à l’information demeure encore problématique.

Après analyse de ces problématiques, le Groupe de Travail a décidé d’organiser des journées d’actions de sensibilisation et de plaidoyer qui dureront 72h dans les quatre régions afin de prévenir les éventuels conflits qui pourraient trouver en ces problèmes un terreau fertile et conduire à des atteintes des droits humains. C’est dans ce cadre que les deux permières journées d’actions ont été tenues du 2 au 4 juin et du 12 au 16 juin, respectivement dans les régions du Centre-Nord (Kaya) et de l’Est (Fada).

Ces journées d’actions ont été marquées par des visites de courtoisie, des panels au profit des leaders communautaires, une émission radiophonique interactive et un théâtre forum au profit des populations hôtes et des personnes déplacées internes.

A travers des visites de courtoisie, les membres du groupe de travail se sont présentés aux autorités administratives, religieuses et coutumières locales afin de présenter la Commission et la raison d’être du groupe de travail.

Le premier panel a porté sur le thème « Collecte et traitement de l’information en temps de crise : enjeux et défis pour le respect du droit à l’information des populations. » Sur la base d’une communication présentée par Winceslas YONI, Directeur régional de la communication du Centre-Nord et d’un partage d’expériences de terrain par Emil Abdoul Razak Segda, Chef de service régional des Editions Sidwaya, les journalistes et influenceurs de la région ont été sensibilisés sur leur responsabilité morale dans le traitement de l’information en période de crise. Ils ont également échangé sur les voies et moyens de s’impliquer au mieux pour promouvoir le droit des populations à la bonne information à travers leurs activités quotidiennes.

Un second panel de sensibilisation au profit des leaders religieux et coutumiers, les leaders associatifs, les PDI et les populations hôtes a été tenu sous le thème « Rôle et place du leader communautaire dans la prévention et la gestion des conflits et le respect des droits humains». Des thématiques développées par le Kibaykit Naaba de Son Excellence le Naaba Koom, le pasteur Combasséré P. Mathieu et El Hadj Sissaogo Idrissa de la communauté musulmane ont permis aux participants d’échanger en mooré, langue locale la plus parlée et de s’engager pour la tolérance religieuse, la liberté religieuse, la non stigmatisation identitaire et la coexistence pacifique.

Aussi, la tenue d’un forum régional des leaders religieux et coutumiers inclusif a été perçue par les participants comme une solution à un retour de la paix.

A l’endroit des PDI, le groupe de travail, à travers un théâtre forum, a renforcé en elles, la notion de violence basée sur le genre (VBG) et suscité leur participation à la lutte à travers la dénonciation.

Une émission radiophonique télévisée et synchronisée a permis aux auditeurs d’interagir sur le thème « Quels sont les enjeux et les défis d’une cohabitation pacifique entre PDI et populations hôtes ? ».

Pour Gonta Alida Henriette Dah, Vice-présidente de la CNDH et présidente du groupe de travail, la tenue de ces 72h d’actions dans les régions à fort défis sécuritaires vise à contribuer à la prévention des conflits, abus et atrocités et à donner une visibilité des actions de la CNDH à travers ce groupe de travail. Elle s’est dite satisfaite de la mobilisation des populations  cibles lors des activités menées.

Ces séries d’activités dénommées « journées d’actions du groupe de travail prévention des conflits, abus et atrocités de la CNDH »  ont été financées par l’USAID au compte du programme « Droits humains et accès à la justice » ,  mis en œuvre par ABA-ROLI.

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