VBG : Des OSC du Nord formées sur l’identification des cas de VBG et l’assistance aux victimes

VBG : Des OSC du Nord formées sur l’identification des cas de VBG et l’assistance aux victimes

La Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) a organisé du 29 juin au 1er juillet 2022, à Ouahigouya, dans la région du Nord, un atelier de formation sur l’identification des cas de violences basées sur le Genre (VBG),  l’assistance aux victimes et survivantes de VBG à l’intention de 30 responsables d’organisations de la société civile de la région du Nord. Cette session de renforcement des capacités des OSC a bénéficié de l’appui de son partenaire l’Organisation internationale de droit du développement (IDLO).

Les violences basées sur le genre se posent non seulement en tant que problème de santé publique, mais aussi en tant que problème d’abus, de violence à l’endroit du genre et de violations de droits humains.

Les conditions de vie des femmes au Burkina Faso se dégradent continuellement avec l’insécurité que traverse le pays. Les femmes sont les principales victimes de la crise. Une situation qu’a aussi déploré le Commissaire Touwendinda ZONGO, Rapporteur Adjoint de la CNDH, représentant le Président de l’institution à l’activité.

Les VBG se manifestent sur diverses formes à travers notamment les mariages forcés et précoces, les mutilations génitales féminines, l’exclusion sociale par allégation de sorcellerie, les violences conjugales, les viols, les meurtres etc.

Touwendinda Zongo, Commissaire à la CNDH

Il a par ailleurs relevé que « malgré les progrès importants intervenus au niveau législatif dans le cadre de la lutte contre les VBG avec notamment des dispositions du Code pénal qui incriminent certaines formes de violences en offrant une meilleure protection des victimes de VBG, force est de constater, qu’en raison de certaines pesanteurs socio-culturelles, de l’ignorance et de la pauvreté, la condition de la femme burkinabè est loin d’être reluisante ».

La formation des leaders d’OSCs de la région du Nord vise à renforcer leurs capacités en matière d’identification des cas de VBG et d’assistances aux victimes et survivantes de VBG pour une prise en charge adéquate.

Les facilitateurs Adama Kodombo, psychologue clinicien et Dah Kouzodon, Conseiller en droits humains à la CNDH ont mis l’accent sur les différents types de VBG, la surveillance, la documentation et le rapportage, les techniques d’entretien avec des victimes.

Cette formation devra permettre aux participants de s’approprier le cadre juridique de protection contre les VBG au Burkina Faso et de maitriser les principes et modalités d’assistance et de prise en charge juridique, psychosociale des victimes de VBG.

Les participants ont aussi été informés de l’existence des structures de prise en charge des victimes et le circuit de référencement dans chaque région, le mécanisme de traitement des plaintes par la CNDH.

Le Commissaire Touwendinda Zongo a salué le partenariat qui lie la CNDH et IDLO et qui a permis d’outiller ces OSC qui travaillent à la base sur cette thématique. La CNDH ne disposant pas encore d’antenne régionale au Nord, le Commissaire a indiqué que la CNDH compte s’appuyer sur les structures à base communautaire pour collecter des données liées aux VBG. C’est donc avec satisfaction qu’il a accueilli la mise en place des points focaux pour suivre les cas de VBG à l’issue de la formation.

Avis des participants  

Bibata Nabaloum, Coordonnatrice de l’Association pour la Promotion de la Femme et de l’Enfant

Bibata Nabaloum, coordonnatrice de l’Association pour la Promotion de la Femme et de l’Enfant basée à Yako, qui se désole du fait que les violences basées sur le genre aient la peau dure dans la province du Passoré, témoigne sa satisfaction et estime que cette formation va lui permettre d’aborder  et de traiter efficacement les cas qui seront présentés à elle. Au regard de la complexité du phénomène, elle souhaite une assistance permanente de la part de la CNDH afin d’éviter les écueils dans l’exécution de leurs taches.

 

Lassané Ganamé de l’Association pour le Soutien et le Développement des Jeunes de la Région du Nord

De son côté, Lassané Ganamé de l’Association pour le Soutien et le Développement des Jeunes de la Région du Nord (ASDJN) confesse avoir beaucoup appris au cours de cet atelier. Il se dit confiant quant à sa capacité à collecter et à fournir des données fiables à la CNDH pour permettre   une meilleure documentation, un meilleur traitement et une bonne prise en charge des violences basées sur le genre.

La formation s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme « Appui intégré aux systèmes de justice pénale du Mali, Burkina Faso et Niger » financé par le Royaume des Pays-Bas.  90 membres des organisations de la société civile des régions de l’Est, du Nord et du Sahel doivent bénéficier de ladite formation et ceà la suite de celles organisées au profit des officiers de police judiciaires des mêmes localités.

 

Article repris de : https://faso-nord.info/

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