La force G5 Sahel : Le HCDH veut une conduite des opérations militaires en conformité avec les droits de l’homme

La force G5 Sahel : Le HCDH veut une conduite des opérations militaires en conformité avec les droits de l’homme

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) met en œuvre un projet d’appui à la force G5 Sahel, afin que les missions de la force se mènent en conformité avec le droit international humanitaire, le droit de l’homme et au droit des réfugiés. Le projet est financé par l’Union Européenne. Dans le souci de vulgarisation et de visibilité des activités du projet, le HCDH procède à l’élaboration d’une stratégie de communication institutionnelle et de sensibilisation. Cette stratégie se veut participative, inclusive avec l’implication des différentes parties prenantes telles que les Institutions Nationales des droits humains (INDH), des organisations de la société civile intervenant dans le domaine des droits de l’homme et médias des pays du G5 Sahel. D’où la tenue d’un atelier de validation de cette stratégie les 15 et 16 septembre 2021, à Bamako, au Mali.

La force conjointe G5 Sahel, est une initiative lancée par les cinq Etats du G5 Sahel pour améliorer la sécurité et la sureté des populations locales et crée un environnement favorable pour le développement socio-économique de la région en mutualisant et en intensifiant leurs efforts pour combattre les menaces sécuritaires communes.

Cependant, il s’avère nécessaire d’intégrer les droits humains aux réponses sécuritaires face au terrorisme, la criminalité transfrontalière et au trafic des droits humains de l’espace du G5 Sahel.

Car le respect des droits de l’homme contribue à l’amélioration des relations entre les populations et les forces de défense et de sécurité, relation qui est indispensable à la réussite des missions de la force.

Faut-il le souligner de la résolution 2391 (2017) du Conseil de sécurité des Nations Unies qui a appelé les États du G5 Sahel à « établir un cadre de conformité solide pour prévenir, enquêter, remédier à et publier dans un rapport, toute violation et abus du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire en rapport avec la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S) ».

Le cadre de conformité, projet du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme (HCDH) vient en réponse et en appui à la force conjointe. En effet, c’est un package qui regroupe des mécanismes et mesures qui visent à atténuer et remédier aux violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire qui pourraient être commises par les forces de sécurité. Il a été conçu pour être un cadre de réduction des risques afin de prévenir les dommages et préjudices aux civils lors de la conduite des opérations militaires offensives, y compris des opérations anti-terroristes.

Pour ce faire, une stratégie de communication tenant compte de toutes les sensibilités des différents pays est en cours d’élaboration. Cependant, dans une logique participative et inclusive, les acteurs après une consultation en ligne, se sont retrouvés à Bamako pour un examen critique de la stratégie et faire des recommandations en vue de l’améliorer. Cet atelier de validation de la stratégie de communication institutionnelle, de plaidoyer et de sensibilisation du projet d’appui à la force conjointe du G5 Sahel a réuni avec les Institutions nationales de droit de l’homme des pays membres du G5 Sahel, les organisations de la société des droits humains et les médias.

Kalifa Rodrigue Namoano, Président par intérim du réseau des INDH G5 Sahel

« Les Institutions nationales des droits de l’homme (INDH) constituent des acteurs majeurs et incontournables en matière de prévention des violations des droits humains, de surveillance des opérations de ripostes de nos armées et dans le cadre du renforcement des relations de confiance entre nos forces de sécurité et les populations. Elles sont des partenaires clés du G5 Sahel dans la mise en œuvre de ses activités », dira, le Président par intérim du Réseau des Institutions Nationales des Droits de l’Homme du G5 Sahel (RINDH G5 Sahel), par ailleurs président de la Commission Nationale des Droits Humains du Burkina Faso, Kalifa Rodrigue Namoano.

La mise en place du RINDH G5 Sahel en janvier 2019 à Niamey au Niger, sous le leadership et la clairvoyance du Pr Kalid Ikhiri, Président sortant de la Commission nationales des droits de l’homme du Niger, suivie de la signature d’une Convention de partenariat entre le Réseau et le Secrétariat permanent du G5 Sahel, s’inscrit dans ce cadre.

En effet, de par leur proximité avec les populations et les organisations de la société civile, leur meilleure connaissance des réalités socio-culturelles des différentes localités, leur mandat et leurs principes de fonctionnement, les INDH de l’espace G5 Sahel constituent des opportunités et d’importants supports pour la force conjointe du G5 Sahel, notamment dans le cadre de la mise en œuvre de ses missions en lien avec le cadre de conformité aux droits de l’homme, au droit international humanitaire et au droit des réfugiés.

Photo de famille des autorités et participants aux échanges sur la stratégie de communication

Du reste, le RINDH G5 Sahel a élaboré un projet de promotion et de protection des droits humains dans les zones de conflits des pays membres du G5 Sahel et c’est l’occasion pour lui, de faire un plaidoyer à l’endroit des partenaires pour son financement. Ce projet cible quatre objectifs spécifiques à savoir :

  • renforcer les capacités des INDH à travers l’amélioration de la performance administrative et l’accès des citoyens aux prestations des INDH ;
  • prévenir les violations des droits humains dans les zones de conflits des pays membres du G5 Sahel ;
  • protéger les droits humains dans les zones de conflits des pays membres du G5 Sahel-Renforcer la collaboration entre les forces du G5 Sahel et les populations locales dans la lutte contre le terrorisme.

Cependant, il traduit la disponibilité et l’engagement du réseau à contribuer activement à la mise en œuvre des activités identifiées.

Contribuer au respect et à la protection des droits humains dans le contexte des opérations militaires, c’est contribué à la réussite du mandat de la force conjointe.

Pour son Excellence, le Chef de la délégation de l’Union Européenne au Mali, Bart Ouvry « la bataille contre les menaces sécuritaires sont une bataille pour des valeurs sociétales, pour l’Etat de droit, c’est pour le respect d’autrui, du bien commun … Le respect des droits humains est une valeur universelle, au cœur de l’humanité ».

L’Union Européenne soutient le projet de cadre de conformité avec 17 millions d’Euros dans la première phase et 10 millions d’Euros dans la 2e phase.

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